LA QUALITÉ DE PRÉSENCE : APPRENDRE À ÊTRE VRAIMENT LÀ, POUR SOI ET POUR LES AUTRES
Dans nos sociétés qui vont à mille à l’heure, nous avons presque toujours quelque chose à penser.
Une tâche à terminer, un rendez-vous à ne pas oublier, les courses à faire, les enfants à récupérer, un dossier à préparer… Notre esprit est souvent déjà dans ce qui vient après.
Et lorsque nous ne sommes pas dans l’anticipation, nous pouvons facilement nous retrouver dans nos pensées, à repenser à ce qui s’est passé, à refaire une conversation, à nous demander ce que nous aurions pu faire autrement.
Finalement, nous sommes souvent partout… sauf dans ce que nous sommes réellement en train de vivre.
Nous mangeons en pensant à autre chose.
Nous marchons sans vraiment sentir nos pas.
Nous écoutons quelqu’un tout en préparant déjà notre réponse.
Nous partageons un moment avec nos proches, mais notre esprit est ailleurs.
Nous sommes là, physiquement, mais pas toujours réellement présents.
Revenir à ce qui est là, maintenant
En sophrologie, on parle beaucoup de qualité de présence.
Être présent ne signifie pas arrêter de penser ou faire complètement le vide dans sa tête. Notre mental est là pour penser, anticiper, analyser, se souvenir. Il fait partie de nous.
Il s’agit plutôt d’apprendre, progressivement, à ne pas se laisser emporter en permanence par ses pensées.
À revenir à ce qui est là.
À son corps.
À sa respiration.
À ses sensations.
À ce que l’on ressent.
À ce qui se passe autour de soi.
La sophrologie propose justement cet entraînement : mettre, pendant quelques instants, entre parenthèses ce qui n’a pas besoin d’être traité maintenant, pour porter son attention sur l’expérience que l’on est en train de vivre.
C’est une façon de revenir à soi.
Revenir au corps pour sortir du « mode automatique »
Dans notre quotidien, nous fonctionnons beaucoup en mode automatique.
C’est d’ailleurs nécessaire. Nous ne pouvons pas être attentifs consciemment à chaque geste que nous faisons.
Mais lorsque ce fonctionnement devient permanent, nous pouvons finir par traverser nos journées sans vraiment les vivre.
Nous faisons.
Nous avançons.
Nous répondons aux demandes.
Nous nous adaptons.
Nous remplissons les obligations.
Et parfois, à la fin de la journée, nous pouvons avoir cette sensation étrange d’avoir fait énormément de choses sans avoir réellement été là.
Comme si nous étions davantage en train de fonctionner que de vivre.
La sophrologie propose de ralentir, même quelques minutes, et de revenir au corps.
Par exemple, lors d’une pratique appelée sophronisation de base, l’attention est progressivement portée sur les différentes parties du corps et sur les sensations qui peuvent être présentes.
Il ne s’agit pas de rechercher une sensation particulière.
Simplement de ressentir.
Sentir son visage, ses épaules, sa poitrine, son ventre, ses jambes… Prendre conscience de sa respiration, de ses appuis, de ses tensions peut-être, mais aussi de ce qui est agréable.
Au début, cela peut sembler très simple.
Et pourtant, prendre quelques minutes pour être réellement avec soi n’est pas toujours si facile.
Parce que notre attention repart vite vers une pensée, une préoccupation, une tâche à accomplir.
C’est justement pour cela que la présence est un entraînement.
Être davantage présent à soi
À force de pratiquer, nous pouvons progressivement devenir plus attentifs à ce qui se passe en nous.
Une tension qui apparaît.
Une fatigue que l’on n’avait pas vraiment entendue.
Une émotion.
Une envie.
Un besoin.
Un plaisir.
Nous apprenons à mieux nous connaître parce que nous prenons davantage le temps de nous écouter.
Et cette écoute peut nous permettre de faire des choix plus justes pour nous.
Parfois, nous savons très bien ce que nous devons faire, mais nous ne savons plus vraiment ce dont nous avons besoin.
Être présent à soi, c’est aussi pouvoir se poser cette question :
« Qu’est-ce qui se passe en moi, là, maintenant ? »
Sans chercher immédiatement à changer quelque chose.
Simplement observer.
Et si notre présence changeait aussi notre relation aux autres ?
Être présent à soi permet aussi d’être davantage présent aux autres.
Lorsque nous sommes moins absorbés par nos pensées, nous pouvons réellement écouter.
Regarder.
Entendre ce qui est dit, mais aussi ce qui ne l’est pas.
Partager un moment sans penser à la suite.
Cela peut sembler évident, mais nous savons tous à quel point il est facile d’être avec quelqu’un tout en ayant l’esprit ailleurs.
La qualité de présence ne demande pas nécessairement plus de temps.
Elle nous invite plutôt à être pleinement dans le temps que nous avons.
Un repas.
Une promenade.
Une conversation.
Un moment avec son enfant.
Un café avec un ami.
Un câlin.
Je vous propose une petite expérience
Dans les prochains jours, essayez simplement de choisir un moment ordinaire et de le vivre avec davantage de présence.
Lors d’un câlin, par exemple, plutôt que de penser à ce que vous avez à faire ensuite, portez votre attention sur ce que vous ressentez.
La chaleur.
Le contact.
La respiration.
La sensation de proximité.
Ou lorsque vous êtes avec des amis, essayez simplement de profiter pleinement de leur présence.
Écoutez vraiment.
Regardez.
Riez.
Ressentez.
Et observez ce que cela change.
Le moment n’aura peut-être pas duré plus longtemps.
Mais vous l’aurez peut-être vécu autrement.
Retrouver le plaisir d’être là
Nous cherchons parfois à changer beaucoup de choses dans notre vie pour retrouver du sens ou du plaisir.
Et parfois, avant même de changer quoi que ce soit, il peut être intéressant de réapprendre à être là.
Là où nous sommes.
Avec ce que nous vivons.
Avec notre corps, nos sensations, nos émotions.
Parce que lorsque nous sommes constamment dans l’anticipation, dans les ruminations ou dans l’action, nous pouvons finir par passer à côté de beaucoup de petites choses qui font aussi notre quotidien.
Un rayon de soleil.
Une odeur.
Un goût.
Une respiration plus profonde.
Un sourire.
Un échange.
Un moment de calme.
Être davantage présent ne signifie pas que tout devient facile ou agréable.
Cela signifie simplement que nous sommes davantage en contact avec ce que nous vivons.
Et peut-être que c’est aussi là que nous pouvons retrouver progressivement du choix, du plaisir et du sens.
Et si vous commenciez simplement par être là ?
La sophrologie peut être un chemin pour apprendre à revenir à soi, à ses sensations et à son expérience du moment présent.
Par des exercices simples de respiration, de mouvements doux, de relâchement et de perception du corps, elle permet de développer progressivement cette qualité de présence.
Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre.
Ni de chercher à être positif à tout prix.
Mais plutôt de mieux se connaître, de mieux s’écouter et de retrouver ses propres ressources pour avancer avec davantage de justesse dans son quotidien.
C’est cette approche que je propose dans mes accompagnements en sophrologie : un temps pour ralentir, ressentir, s’écouter et retrouver progressivement un lien plus vivant avec soi-même.
Parce qu’au fond, il ne s’agit peut-être pas toujours de trouver plus de temps.
Mais parfois simplement de vivre davantage celui que nous avons.






